1. Les pieds sur terre, la tête au ciel
Dans sa vie, le père Chaminade est habité par plusieurs rêves: éducateur, bâtisseur d'une nouvelle chrétienté, mise sur pied d'écoles normales… À chaque fois, il doit recommencer à bâtir.
Il avait vingt-huit ans lorsqu’en 1789 son premier grand rêve, de contribuer à la prospérité d’une école séminaire éduquant de jeunes chrétiens pour l’avenir de sa chère France, fut brisé par la Révolution française.
Il avait quarante sept ans lorsque son rêve de refaire chrétienne la France par le moyen d’un nouveau type de Congrégation fut étouffé par Napoléon.
Il avait soixante neuf ans lorsque son rêve de convertir la France grâce à un réseau d’écoles normales fut stoppé par un gouvernement anti-clérical.
Il avait finalement quatre-vingt-quatre ans lorsque la réalisation du plus grand de ses rêves, celui d’un institut religieux d’hommes et de femmes consacré à étendre la mission de Marie dans le monde faillit d’être compromis par les disciples même qu’il avait choisis.
Or à chaque fois, Guillaume-Joseph Chaminade, comme éducateur, prêtre et apôtre, refusa d’accepter la défaite. C’était un visionnaire et il réussit à s’accrocher à sa vision malgré tous les événements contraires. Chaminade était aussi un homme réaliste. Chaque fois que sa vision était contrarieée, il trouvait un nouveau moyen de s’élancer vers la réalisation de ses rêves. L’histoire de sa vie pourrait être résumée en une série de revers et en une série correspondante de victoires sur tous les obstacles rencontrés.
Lui-même aimait à se comparer à un paisible ruisseau qui finit, à force de patience, par franchir tous les obstacles qu’il rencontre sur son passage, en passant tout doucement par-dessus ou en les contournant, sans jamais se décourager. Tout comme l’histoire et la politique de son temps, avec les revirements, leurs avancées et leurs récupérations, la vie du P. Chaminade, longue de presque quatre-vingt-dix ans, demeure un défi et une inspiration pour beaucoup de gens aujourd’hui encore.
