Hommage de l'abbé François-Xavier Amherdt
Juan Artadi nous le disait, il nous le montrait par son attitude: les sacrements, les commandements sont faits pour l’homme!
Son français mâtiné d’espagnol était rocailleux, mais attachant. Comme bien d’autres séminaristes de mon époque, j’ai suivi avec le Père Artadi le cours du De curaanimarum: comment accompagner pastoralement les personnes, notamment pour le sacrement de la réconciliation et du mariage, en tenant compte du droit canonique certes, mais surtout de la Parole de Dieu et du cheminement de chaque fidèle, de chaque couple. Nous appréciions son bon sens, son expérience, son amour de Dieu et des gens. Certains étudiants le suivaient en section B, dite pastorale, pour la théologie morale.
Juan Artadi nous le disait, il nous le montrait par son attitude: les sacrements, les commandements sont faits pour l’homme, pour le mettre debout, pour le maintenir en liberté, pour l’engendrer à la vie divine et à la foi. Ils sont les signes et les orientations donnés par un Dieu de tendresse et de miséricorde. Le Code est au service du peuple de Dieu et non le contraire. Ce qui conférait à ses propos et à son enseignement une tonalité originale, courageuse, malicieuse, parfois audacieuse, qui n’était pas pour nous déplaire. Car, en même temps, il aimait l’Église, à laquelle il avait consacré sa vie dans la congrégation des marianistes.
Je garderai de lui le souvenir de l’examen du De cura: ce passage obligatoire en vue de l’ordination sacerdotale s’est transformé en un moment de partage fraternel. J’ai été ébloui par son humanité et la finesse de son jugement: ce fut un grand encouragement pour moi.
